Appel Lorient Sin-Tai Viet Nam

Le contexte

Naître au Viêt Nam : le contexte

APPEL-Lorient coordonne depuis 1988 au Viêt Nam des programmes de coopération médicale dédiés à la santé de l’enfant dès la naissance, dans le prolongement des actions menées par L’APPEL, une ONG créée au Viêt Nam en 1968, puis en partenariat depuis 1992 avec l’hôpital de Lorient (CHBS) et ses partenaires (CAMSP, CRRF de Kerpape…).

Il repose sur une coopération étroite à Ho Chi Minh-ville avec l’hôpital Tu Du, Centre de référence pour la santé de la mère et du nouveau-né dans le Sud-Viêt Nam, dans la province de Khanh Hoa en partenariat avec le département du Morbihan (coopération décentralisée) , et dans la province de Kiên Giang avec le soutien de la ville de Lorient.

Il s’appuie sur les données épidémiologiques communes à toutes les populations, en tenant compte des spécificités périnatales au Viêt Nam :

  • 3 à 5 % des enfants, dits « vulnérables », présentent un haut risque d’anomalies de développement
  • 1 à 2 % des enfants sont porteurs de handicap
  • 50 %  des handicaps avant l’âge de 6 ans sont en relation avec un problème périnatal
  • 40 % des handicaps d’origine périnatale sont en lien avec la prématurité
  • 8 à 15 % des enfants naissent prématurés
  • 1 à 2 % des enfants naissent « grands prématurés » avant 32 semaines d’aménorrhée

Il s’inspire de l’expérience des professionnels de santé investis dans ce programme,  des connaissances concernant le devenir des grands prématurés et des acquis en neurosciences concernant  la plasticité cérébrale (stratégies d’intervention précoce) : chez l’enfant à risque de handicap, il faut agir le plus tôt possible, de façon préventive et curative.

Il tient compte des mutations rapides du Viêt Nam depuis 25 ans, pays émergent de 90 millions d’habitants, qui est sorti de la pauvreté et a accédé au rang des pays dits « intermédiaires ».  En lien étroit avec le développement socio-économique, il ne s’agit plus seulement pour les familles de mettre au monde des enfants (limités à deux par foyer), mais de les voir grandir en bonne santé.

En 2016, l’organisation sanitaire du Viêt Nam a connu un développement considérable et les professionnels de santé ont acquis des compétences remarquables.

Mais le suivi des grossesses et les conditions de  naissance sont encore souvent difficiles.

La détection précoce et le suivi des handicaps de l’enfant sont encore insuffisants : médecins spécialistes peu formés, moyens diagnostics insuffisants (imagerie, biologie…).

Les Centres de réhabilitation sont rares et reçoivent des enfants trop âgés avec des handicaps souvent déjà fixés. Malgré les initiatives et l’énergie déployée par les équipes de soins, le personnel y est encore peu qualifié et les nouvelles disciplines peu ou non existantes: psychomotricité, ergothérapie orthophonie…

Dans le domaine du handicap, après le long combat mené auprès des enfants victimes de la dioxine, le « suivi des enfants vulnérables » correspond aujourd’hui à une demande forte des familles et des professionnels de santé, d’autant plus qu’il intervient dans un contexte où de nouvelles pathologies apparaissent, en particulier les handicaps « non visibles » (troubles du comportement, autisme…), préoccupantes et survenant souvent chez ces enfants hautement fragiles (grands prématurés…).

 

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